Peut-on échapper à ce qu’on a fait de nous ?

Peut-on échapper à ce qu’on a fait de nous ?

Personne ne choisit son point de départ. Une enfance, des parents, des blessures : on les reçoit sans rien avoir demandé. La vraie question vient ensuite. Sommes-nous condamnés à devenir ce que ces blessures ont fait de nous ?

Ce que l’on reçoit ne décide pas de tout

Le passé laisse des traces, c’est certain. Il donne des réflexes, des peurs, une façon de se voir. Mais une trace n’est pas une sentence. Beaucoup de personnes marquées par une enfance difficile deviennent justes, patientes, attentives aux autres. La blessure explique beaucoup de choses. Elle n’excuse pas tout et ne décide pas à notre place.

La colère, un feu qui s’entretient seul

Le danger se trouve souvent dans ce que l’on fait de la blessure. La colère arrive en premier. Au début, elle protège : elle donne de la force, elle empêche d’être écrasé. Puis elle s’installe. Une colère qui a de bonnes raisons est la plus difficile à éteindre, parce qu’on ne pense pas à la remettre en cause. Elle cherche alors de nouvelles cibles, et finit par frapper des gens qui n’y sont pour rien. Chaque éclat appelle le suivant.

Briser le cercle

On n’échappe pas à son passé en l’oubliant, mais en refusant de le laisser parler à sa place. Cela demande de reconnaître sa blessure sans s’y enfermer, de trouver quelqu’un qui dise vrai plutôt que quelqu’un qui flatte, et parfois de pardonner, non pour excuser l’autre mais pour ne plus porter son poids. C’est un chemin lent. Il reste toujours ouvert.

Dans Naissance d’un tyran, le prince Dyrne se tient exactement à ce carrefour. Chaque blessure lui offre deux routes, et le lecteur le regarde choisir.

Pour aller plus loin sur ces thèmes : Le père absent, ce que le manque de reconnaissance fait à un fils ; La manipulation, comment un manipulateur repère et exploite une blessure ; et Comment devient-on un tyran ?

B. Mahlonn