Roman de science-fiction psychologique : quand le héros devient le tyran

Roman de science-fiction psychologique : quand le héros devient le tyran

Dans la plupart des sagas de science-fiction, on sait dès les premières pages qui porte la lumière et qui sert l’ombre. Le tyran arrive tout formé, déjà cruel, et l’histoire consiste à l’abattre. Les Trois Lunes d’Alzarh prend le chemin inverse. Le premier tome, Naissance d’un tyran, ne raconte pas comment on renverse un despote. Il raconte comment on le devient.

Un prince qu’on apprend d’abord à aimer

Dyrne Valdhryn a dix-sept ans. Il est l’héritier du trône d’Alzarh, une monarchie ancienne qui règne sous la lumière de trois lunes. Il est intelligent, courageux, profondément attaché à sa jeune sœur Feklyrth. Il a tout d’un futur grand roi.

Il lui manque une seule chose : le regard de son père. Le roi Maldor ne félicite pas. À seize ans, lors d’un exercice de flotte, Dyrne repère avant tout le monde la dérive d’un transporteur et la corrige. Autour de lui, les officiers le regardent avec respect. Son père, lui, répond : « Tu as simplement fait ton travail, Dyrne. Rien de plus. »

Le lecteur reçoit cette phrase comme Dyrne la reçoit. C’est tout l’enjeu du roman : on ne regarde pas le futur tyran de loin, on se tient à côté de lui.

La chute vue de l’intérieur

Un roman de science-fiction psychologique ne se mesure pas au spectaculaire. Alzarh a pourtant son décor : des flottes impériales, une académie militaire, les raids des Orkhenn sur les routes marchandes. Mais ce qui compte ici, c’est la précision avec laquelle le récit suit un esprit qui se déplace.

Chez Dyrne, rien ne bascule d’un coup. Il y a d’abord une blessure ancienne, celle d’un fils jamais reconnu. Puis des mots viennent s’y poser. Rethar, conseiller à la cour, ne critique jamais le roi ouvertement. Il écoute. Il excuse la dureté du père tout en la soulignant. Il sait se taire au bon moment. Une à une, ses phrases paraissent anodines. Mises bout à bout, elles creusent un fossé.

Puis il y a la grotte. Un être s’y présente comme le gardien de Kheraz’Aal. Il parle d’une voix douce, ne demande rien, attend. Dyrne croit avoir trouvé un allié.

Pourquoi on continue de le suivre

Lire Naissance d’un tyran est une expérience inconfortable, et c’est voulu. On comprend la colère de Dyrne. On prend parfois sa défense. Puis vient une décision qu’on ne peut plus excuser, et une question s’installe : à quel moment aurait-il fallu cesser de l’aimer ?

Ceux qui ont suivi la transformation d’Anakin Skywalker en Dark Vador reconnaîtront cette question. Alzarh la pose à sa manière, sur plusieurs tomes, en prenant le temps de montrer chaque étape.

La voix qui le retient

Face à Rethar, il y a Feklyrth. Quinze ans, la seule au palais à lui parler sans calcul. La veille de son entrée à l’Académie militaire, sur une terrasse éclairée par Ezkyl, Brämar et Orlun, elle lui demande une promesse : « Reste toi-même. Ne deviens pas comme notre père. »

Dyrne ne répond pas.

Pour qui est ce roman ?

Naissance d’un tyran s’adresse aux lecteurs qui aiment la science-fiction autant pour ses mondes que pour ce qu’elle révèle des hommes. À ceux qui cherchent un space opera avec des flottes, des complots de cour et une guerre qui couve. À ceux, aussi, qui préfèrent comprendre un personnage plutôt que l’applaudir.

Le roman compte 390 pages. C’est le premier tome d’une saga en cours.

Commencer la lecture

Le prologue et le premier chapitre sont offerts sur le site : de quoi faire connaissance avec Dyrne avant de le suivre plus loin. Le livre est disponible en broché (17,90 €) et en ebook (4,99 €).

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